Un ballon de basket usé posé sur le bitume craquelé d'un playground, filet et panneau en arrière-plan

Ballon de basket extérieur ou indoor : ce qui change

La FIBA ne classe pas les ballons en indoor et outdoor. Elle a deux annexes, deux circonférences pour la même masse, et le caoutchouc qui bascule au niveau 2.

· 10 min

Le cuir est admis au plus haut niveau en salle et interdit au plus haut niveau dehors. Pour un tournoi de niveau 1 en extérieur, la FIBA ne laisse passer que le composite et le synthétique. La règle figure à l’article 5 d’une annexe à part, consacrée au 3x3, mise à jour en décembre 2024 : c’est le seul texte que la fédération internationale ait écrit pour le jeu dehors, et l’annexe Équipement du 5 contre 5, trente-deux pages, renvoie vers lui dès son introduction.

Ballon de basket indoor ou outdoor : quelle différence ?

Aucune au sens du règlement, qui n’emploie jamais ces deux mots comme catégories de produit. La FIBA publie deux annexes Équipement : celle du 5 contre 5, où le ballon de taille 7 mesure 750 à 770 mm de circonférence, et celle du 3x3 et du basket d’extérieur, où il en mesure 720 à 740 pour la même masse.

La note qui fait la bascule tient en deux lignes, au bas de l’introduction de l’annexe Équipement de septembre 2024. Elle indique que pour le 3x3 ou le basket d’extérieur, il faut se reporter à l’annexe Équipement et logiciels du 3x3, dont elle donne l’adresse. Le document qu’on cite partout dès qu’il est question de ballons se désintéresse donc explicitement du jeu en extérieur.

L’autre annexe existe bel et bien, mise à jour en décembre 2024, et son article 5 traite les ballons. C’est le seul texte de la FIBA écrit pour le jeu dehors. On y trouve un ballon plus petit et tout aussi lourd, deux couleurs contrastées obligatoires, et une interdiction que personne n’attend : au niveau 1, le cuir n’y est pas admis, seulement le composite et le synthétique. Le cuir, admis au plus haut niveau en salle, est interdit au plus haut niveau dehors.

Le découpage, en revanche, est commun aux deux textes. Deux niveaux, pas trois. Le niveau 1 rassemble les compétitions de la FIBA et l’élite nationale ; le niveau 2 se définit par soustraction, tout le reste, c’est-à-dire à peu près tout ce que vous jouerez. Et dans les deux textes, c’est au niveau 2 que le caoutchouc rejoint la liste des surfaces autorisées. Le caoutchouc change de statut avec le niveau de jeu, jamais avec la surface du sol.

Quel ballon de basket choisir pour jouer dehors ?

Un ballon en caoutchouc ou en composite, et la question est réglée dans presque tous les cas : hors élite, les deux annexes l’autorisent. Si vous jouez un 3x3 arbitré, le ballon change de gabarit, 720 à 740 mm au lieu de 750 à 770, et doit porter deux couleurs principales qui contrastent.

5 contre 53x3 et extérieur
Texte de référenceÉquipement 2024, art. 2Annexe 3x3, déc. 2024, art. 5
Circonférence750 à 770 mm en T7720 à 740 mm
Masse580 à 620 g580 à 620 g
Surface, niveau 1cuir, cuir artificiel, composite, synthétiquecomposite ou synthétique
Surface, niveau 2les mêmes, plus le caoutchoucles mêmes, plus le caoutchouc
Couleurorange uni ou combinaison homologuéedeux couleurs principales contrastées
Rebond attendu1 035 à 1 085 mm1 035 à 1 085 mm
Pressionaucune valeur fixée7,5 à 8 psi, ballon officiel seulement

Deux lignes surprennent. La masse d’abord : elle ne bouge pas d’un gramme. Le ballon de 3x3 pèse ce que pèse un T7, entre 580 et 620 g, dans un volume plus proche de celui du T6. Il est donc plus dense, et c’est la seule caractéristique de jeu que la FIBA modifie pour l’extérieur. Les guides qui décrivent le ballon 3x3 comme un T7 allégé disent exactement l’inverse du texte. Le détail taille par taille, avec le T5 et le T5 allégé, est traité dans les tailles officielles et les matières autorisées.

Le rebond ensuite, identique au millimètre. Lâché d’environ 1 800 mm mesurés sous le ballon, il doit remonter entre 1 035 et 1 085 mm, mesurés sous le ballon là encore. Même exigence à l’article 2.4 du 5 contre 5 et à l’article 5.7 du 3x3. Rebondir bas, dehors, ne renvoie donc à aucune norme plus indulgente : le ballon est mal gonflé, ou il fuit.

Sur la pression, les deux textes divergent. L’annexe du 5 contre 5 n’en fixe aucune et renvoie au fabricant, tenu de l’imprimer sur le ballon. L’annexe 3x3 en donne une à son article 5.9, mais pour un seul objet, le ballon officiel de la compétition, gonflé entre 7,5 et 8 psi. La NBA écrit 7,5 à 8,5 psi pour tous les siens. La FIBA n’aime pas les unités de pression, la NBA ne publie aucune circonférence, et ce désaccord de méthode n’est pas le seul entre les règles NBA et les règles FIBA.

Pourquoi un ballon s’abîme plus vite sur le bitume

Parce que le sol, lui, n’obéit à rien. Un parquet de gymnase doit mesurer entre 80 et 110 au pendule et perdre au plus 80 mg à l’abrasion. Un revêtement 3x3 homologué a droit à 4 000 mg s’il est polymère. Le bitume d’un terrain de quartier n’a aucun seuil, sur aucun de ces points.

SurfaceAdhérence, pendule EN 13036Perte à l’abrasion, EN 5470Restitution du rebond, EN 12235
Parquet ou verre, niveau 180 à 110 à sec≤ 80 mg≥ 93 %
Parquet ou verre, niveau 280 à 110 à sec≤ 100 mg≥ 90 %
Synthétique de salle, niveau 280 à 110 à sec≤ 1 000 mg≥ 90 %
Revêtement 3x3 extérieur homologué80 à 110 à sec, 55 à 110 mouillé≤ 1 000 mg, ≤ 4 000 mg si polymère≥ 90 % au niveau 1, ≥ 85 % au niveau 2
Bitume d’un terrain de quartieraucun seuilaucun seuilaucun seuil

La colonne du milieu appelle une réserve. L’essai EN ISO 5470-1 passe une meule Taber sur le revêtement et pèse ce que le revêtement a perdu. Il ne mesure pas ce que le sol arrache au ballon. Le lien entre les deux est une déduction, la mienne, et je la donne comme telle : un sol qu’on autorise à se déliter cinquante fois plus n’est pas un sol tendre pour ce qui roule dessus.

Le reste du tableau se lit sans interprétation. La colonne de droite mesure la hauteur qu’un ballon retrouve après rebond, rapportée à une surface de référence. Un parquet de niveau 1 doit lui en rendre 93 % au moins. Un revêtement extérieur homologué de niveau 2 descend à 85 %. Huit points d’écart, sur un sol qui a le droit d’être mouillé : l’annexe 3x3 ajoute d’ailleurs deux exigences que la salle ignore, une adhérence de 55 à 110 au pendule en conditions humides, et une perméabilité à l’eau d’au moins 150 mm par heure.

Le playground municipal ne passe aucun de ces essais. Il n’y a rien à reprocher là, la FIBA n’a jamais prétendu normer les terrains de quartier, et la même absence de norme se retrouve sous la semelle. Deux terrains voisins peuvent accrocher très différemment sans qu’aucun des deux soit défectueux. Votre ballon, lui, encaisse la différence sans savoir laquelle.

Comment se mesure le grip d’un ballon de basket ?

Il ne se mesure pas. La même phrase revient dans les deux annexes, à l’article 2.3 pour le 5 contre 5 et à l’article 5.6 pour le 3x3 : la surface doit offrir une prise correcte sur tout le ballon. Ni méthode, ni seuil, ni unité. C’est la seule exigence du texte qui ne soit pas chiffrée.

Le contraste se voit quand on lit l’annexe d’affilée. Tout y est au dixième de millimètre. Douze coutures au maximum, 6,35 mm de largeur à ne pas dépasser, un anneau de 450 à 459 mm de diamètre intérieur fait d’un métal de 16 à 20 mm, un panneau de 1 800 mm sur 1 050. Puis arrive le grip, et la précision s’arrête net.

Ce n’est probablement pas un oubli. Les procédures d’essai ne figurent nulle part dans l’annexe : elles vivent dans un Handbook of Test Methods and Requirements que la FIBA vend sur demande depuis son Equipment and Venue Centre. Le document public dit quoi vérifier, le document payant dit comment. Pour le grip, le document public ne dit même pas quoi.

Conséquence pratique, valable pour tous les ballons du marché : aucun argument d’adhérence imprimé sur une boîte ne renvoie à un seuil public, puisqu’il n’en existe pas. Les pourcentages d’adhérence supplémentaire annoncés ici et là ne s’appuient sur aucun protocole publié, et vous n’en trouverez aucun repris sur cette page. Ce qui se vérifie sur un ballon tient en cinq points : sa circonférence, sa masse, ses coutures, sa couleur et son rebond. Le toucher se juge à la main, en magasin, et il se juge seul.

Un ballon de salle peut-il servir dehors ?

Oui, rien ne l’interdit. Sur un playground, aucun règlement ne s’applique, ni au terrain ni au ballon : le texte protège la compétition, pas le matériel. Un cuir non traité en sortira abîmé, un caoutchouc non. Et le seul contrôle qui tranche vraiment se fait chez soi, au rebond.

Chaque annexe exige des essais qu’elle ne décrit pas. Article 2.5 côté 5 contre 5, article 5.10 côté 3x3, la liste est la même au mot près : essai de durabilité et essai de perte de pression à tous les niveaux, essai de résistance au gonflage et essai de stockage à chaud pour le niveau 1 seulement. Aucun ballon de niveau 2 n’a donc vu l’épreuve de chaleur. Celui qui passe l’été dans un coffre de voiture non plus. Je n’ai lu ce rapprochement nulle part, et il me paraît expliquer une bonne part des ballons morts en septembre.

Ce que ces essais mesurent exactement, personne ne le lit sans acheter le Handbook. Un fabricant peut donc annoncer un essai de durabilité réussi sans que l’acheteur sache ce qui a été éprouvé, ni pendant combien de temps, ni sur quel sol.

Reste le contrôle que vous pouvez faire, et il est écrit à l’identique dans les deux textes. Lâchez le ballon d’environ 1 800 mm, mesurés sous le ballon, et regardez où il remonte : entre 1 035 et 1 085 mm, sous le ballon là encore. Deux repères adhésifs sur un mur et une vidéo au téléphone suffisent. Prendre la hauteur au sommet du ballon décale le résultat d’un diamètre entier, assez pour condamner un ballon correct.

Trois chiffres circulent sur ce sujet et n’ont pas leur place ici. Un gain de verticalité au tir de 7 à 12 % obtenu en changeant de taille de ballon. Une constance supérieure de 10 à 15 % pour le composite. Une durée de vie exprimée en nombre de rebonds sur béton. Aucun des trois ne renvoie à un protocole, à un échantillon ou à un laboratoire. Une durée de vie en mois par matière ne se trouve pas davantage, et pour cause : elle dépend du sol, et le sol, dehors, n’est mesuré nulle part.

Photo de Rédaction Basket93
Rédaction Basket93 Seine-Saint-Denis

On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.

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