Quelle taille de ballon de basket choisir ?
Le T7 en compétition masculine, le T6 en compétition féminine, le T5 ou un T5 allégé en mini-basket : voilà les trois cas que l’annexe Équipement de la FIBA règle elle-même, dans son article 2.4, quelle que soit la catégorie d’âge. Le T4 et le T3 n’y figurent pas. C’est la fédération nationale qui les introduit, et la FFBB impose le T5 en U11 tout en laissant le choix entre T4 et T5 en U9.
La plupart des tableaux de tailles qui circulent mélangent deux choses très différentes : ce qu’un règlement impose, et ce qu’un vendeur recommande. Les deux sont utiles, mais seule la première catégorie engage quelqu’un. Voici donc la même correspondance, avec en face de chaque ligne le texte qui la fixe.
| Catégorie | Taille | Texte qui la fixe |
|---|---|---|
| Compétitions masculines, toutes catégories | T7 | FIBA, Équipement de basketball 2024, art. 2.4 |
| Compétitions féminines, toutes catégories | T6 | FIBA, Équipement de basketball 2024, art. 2.4 |
| Mini-basket | T5 ou T5 allégé | FIBA, Équipement de basketball 2024, art. 2.4 |
| U11 | T5 | FFBB, Règlement national MiniBasket, art. 3 |
| U9 | T4 ou T5 | FFBB, Règlement national MiniBasket, art. 3 |
| U7 | tous les types de ballons sauf T6 et T7 | FFBB, Règlement national MiniBasket, art. 3 |
La ligne U7 mérite un arrêt. Le règlement MiniBasket ne prescrit pas une taille, il en interdit deux. Formulé ainsi, il laisse l’éducateur descendre au T3 ou au ballon mousse selon le groupe qu’il a devant lui, sans sortir du cadre. L’article 3 fixe dans le même tableau la hauteur d’anneau, 2,60 mètres en U9 et en U11.
Reste le cas que personne n’écrit noir sur blanc : le joueur adulte qui achète un ballon pour le playground du dimanche. Aucun règlement ne le concerne. Il prend la taille de la compétition qu’il regarde ou qu’il vise, et la question s’arrête là.
Ballon de basket taille 7 : circonférence et poids officiels
750 à 770 mm de circonférence, 580 à 620 g sur la balance. L’édition de septembre 2024 n’écrit pas ces bornes en toutes lettres, taille par taille : elle les rassemble dans un tableau unique, auquel l’article 2.4 renvoie.
| Taille | T7 | T6 | T5 | T5 allégé |
|---|---|---|---|---|
| Circonférence | 750 à 770 mm | 715 à 730 mm | 685 à 700 mm | 685 à 700 mm |
| Masse | 580 à 620 g | 510 à 550 g | 465 à 495 g | 360 à 390 g |
Ces valeurs viennent du tableau 1 de l’annexe Équipement, dans l’édition de septembre 2024. Elles ne sont pas entre guillemets parce qu’il n’y a rien à citer en français : l’annexe n’existe qu’en anglais. La version française du Règlement Officiel diffusée par la FFBB s’arrête à sa règle deux et renvoie explicitement le lecteur à l’annexe originale pour le détail de l’équipement, sans la traduire. J’ai cherché une traduction officielle à jour, je n’en ai pas trouvé.
Deux choses se lisent dans ce tableau et nulle part ailleurs. Le T5 allégé garde exactement la circonférence du T5 et perd 105 g sur chacune de ses deux bornes : même encombrement dans la main, un cinquième de masse en moins à envoyer vers l’anneau. Et les plages du T6 et du T7 ne se touchent pas. Trente grammes séparent le haut de l’une du bas de l’autre, et vingt millimètres séparent les deux circonférences.
Un mot sur les diamètres qu’on croise dans les guides d’achat. L’annexe ne mesure jamais un ballon par son diamètre, seulement par sa circonférence. Les deux seuls diamètres du document concernent l’anneau : son cercle intérieur, entre 450 et 459 mm, et le métal dont il est fait, entre 16 et 20 mm (art. 1.2.1). Un diamètre annoncé pour un ballon est donc le calcul de quelqu’un, pas une valeur réglementaire.
Cuir, composite ou caoutchouc : ce que dit le règlement
Le règlement FIBA tranche par niveau de compétition, pas par sensation. L’article 2.1 réserve au niveau 1 le cuir, le cuir artificiel, le composite et le synthétique. Au niveau 2, il ajoute le caoutchouc à cette même liste.
Ces niveaux ne sont que deux, et l’introduction de l’annexe les définit en quelques lignes. Le niveau 1 rassemble les compétitions de la FIBA en équipes nationales et en clubs, plus les autres compétitions d’élite, nationales comme internationales : le matériel y doit être homologué FIBA niveau 1. Le second se définit par soustraction, comme toute compétition qui n’entre pas dans le premier. Les spécifications techniques y restent obligatoires, l’homologation n’y est que fortement recommandée.
Autrement dit : un championnat départemental, un tournoi scolaire, un plateau MiniBasket relèvent du niveau 2. Le ballon caoutchouc y est réglementaire. Le texte le prévoit noir sur blanc, là où les guides d’achat le rangent volontiers au rayon des pis-aller.
À l’usage, la différence tient surtout au sol et à l’humidité. Le caoutchouc encaisse le béton et la poussière, le cuir non traité boit l’eau et se fatigue vite dehors. Ce sont des constats de terrain, pas des mesures : les durées de vie en nombre de séances et les gains d’adhérence en pourcentage annoncés par les fabricants ne s’appuient sur aucun protocole publié, et vous n’en trouverez pas ici. Le choix de la surface de jeu est traité en détail dans le comparatif ballon salle et ballon extérieur.
L’article 2.2 ajoute une contrainte qu’on oublie et qui compte en milieu scolaire. La surface du ballon doit respecter les législations locales et nationales applicables aux matières toxiques et allergisantes, ce qui vise nommément les colorants AZO, les métaux lourds solubles, les phtalates et les hydrocarbures aromatiques polycycliques. Le texte 2024 met la charge des tests sur le fabricant. La norme jouet EN 71-3, qu’on voit souvent accolée aux ballons, figure bien dans l’annexe, mais à l’article 14.3 et pour les sifflets.
Comment vérifier son ballon soi-même
Quatre contrôles suffisent, avec un mètre ruban de couturière et une balance de cuisine. Ils reprennent les caractéristiques que la FIBA impose au fabricant, dans l’ordre où elles se lisent. Le dernier, le test de rebond, est le seul qui juge le gonflage sans manomètre.
- Lisez les marquages. L’article 2.4 exige que le ballon porte son numéro de taille et la pression de gonflage recommandée. Un ballon qui ne porte ni l’un ni l’autre n’est conforme à rien.
- Mesurez la circonférence. Faites passer le ruban sur le plus grand cercle et lisez la valeur. Aucun article ne dit où le placer par rapport aux coutures, donc prenez le tour le plus large, celui qui donne la valeur la moins flatteuse.
- Pesez le ballon. Une balance de cuisine au gramme près tranche entre 580 et 620 g pour un T7.
- Faites le test de rebond. Toujours à l’article 2.4, le ballon doit être gonflé de telle sorte que, lâché sur le terrain d’une hauteur d’environ 1 800 mm mesurée sous le ballon, il rebondisse entre 1 035 et 1 085 mm, mesurés eux aussi sous le ballon.
Les deux mesures partent du même point, et c’est ce qui rend le test faisable seul : deux repères adhésifs sur un mur, la même convention à l’aller et au retour, une vidéo au téléphone pour lire la hauteur atteinte. Prendre la hauteur de retour au-dessus du ballon décale le résultat d’un diamètre entier, soit près de 24 cm sur un T7, assez pour condamner un ballon correct ou valider un ballon mou. Et la fenêtre est étroite : 50 mm de tolérance au retour pour 1 800 mm de chute. L’œil seul ne sait pas juger cela.
Un cinquième repère, purement visuel : l’article 2.4 impose une forme sphérique, douze coutures au maximum dont la largeur ne dépasse pas 6,35 mm, et une couleur orange unie ou une combinaison de couleurs homologuée par la FIBA. Le texte ne dit rien de la couleur des coutures.
Pourquoi le règlement FIBA ne donne aucune pression en bars
Parce qu’il n’en fixe aucune. La FIBA définit le gonflage par son résultat, le rebond entre 1 035 et 1 085 mm, et laisse au fabricant le soin d’imprimer sur le ballon la pression qu’il recommande. Les deux exigences se suivent dans le même article 2.4. La conséquence est pratique : la même consigne reste valable quels que soient la taille du ballon, l’altitude ou la température de la salle, là où une pression en bars ne le serait pas.
Le rulebook NBA prend le chemin inverse. Sa règle 1, celle du terrain et de l’équipement, donne une valeur et rien d’autre : un ballon officiel gonflé entre 7,5 et 8,5 livres de pression. Aucune circonférence, aucune masse n’y figurent. Les 74,9 cm qu’on lit partout comme taille NBA officielle ne viennent pas du règlement.
Deux référentiels, deux méthodes, aucune passerelle. Un chiffre en bars ou en PSI présenté comme la norme FIBA vient donc soit d’un fabricant, soit de quelqu’un qui l’a ajouté en cours de route. Les valeurs de 0,5 à 0,65 bar qui circulent sur les guides d’achat sont dans ce cas : elles ne se rattachent à aucun article de l’annexe, et je les écarte pour cette raison. Sur les autres points où les deux règlements divergent, le détail est dans la comparaison des règles NBA et FIBA.
Si vous n’avez qu’un manomètre et pas de mur libre, gonflez au jugé puis vérifiez au rebond. C’est la mesure qui fait foi.
On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.