Quelle est la plus grande rivalité de la NBA ?
Celtics contre Lakers. Les deux franchises se sont croisées douze fois en finale NBA, plus que n’importe quel autre duel de la ligue, et Boston mène ce bilan par neuf victoires à trois. Ce sont aussi les deux clubs les plus titrés de l’histoire : dix-huit bannières pour Boston, dix-sept pour Los Angeles, état au 1er août 2026.
| Année | Vainqueur | Score de la série |
|---|---|---|
| 1959 | Boston | 4-0 |
| 1962 | Boston | 4-3 |
| 1963 | Boston | 4-2 |
| 1965 | Boston | 4-1 |
| 1966 | Boston | 4-3 |
| 1968 | Boston | 4-2 |
| 1969 | Boston | 4-3 |
| 1984 | Boston | 4-3 |
| 1985 | Los Angeles | 4-2 |
| 1987 | Los Angeles | 4-2 |
| 2008 | Boston | 4-2 |
| 2010 | Los Angeles | 4-3 |
Les huit premières finales sont parties à Boston, d’affilée. Los Angeles a mis vingt-six ans à en gagner une, en 1985. Sur l’ensemble des confrontations, saison régulière comprise, Boston mène 169 victoires à 135, et 43 à 31 en séries éliminatoires, chiffres arrêtés à la fin de la saison 2025-2026 selon Land of Basketball. Le duel le plus célèbre du basket est donc aussi l’un des plus déséquilibrés. On le raconte rarement comme ça.
Celtics contre Lakers : l’histoire, décennie par décennie
Trois blocs, séparés par de longs silences. Le premier va de 1959 à 1969 et porte un seul nom, Bill Russell, dont les Celtics écartent les Lakers de Bob Cousy à Jerry West sept fois en onze ans. Le deuxième est celui des années 1980. Le troisième tient en deux séries, 2008 et 2010, vingt et un ans après la précédente.
La rivalité est entrée dans la culture générale avec Larry Bird et Magic Johnson, arrivés la même année. Les deux s’étaient déjà rencontrés en finale universitaire, le 26 mars 1979 : Michigan State bat Indiana State 75-64. Ils se croiseront ensuite 37 fois en NBA, et Magic Johnson sort gagnant de ce décompte, 22 victoires à 15, dont 11 à 8 en séries. Trois finales les opposent directement, 1984, 1985 et 1987. Boston prend la première en sept manches, Los Angeles enlève les deux suivantes.
Le palmarès leur donne trois trophées de MVP chacun, mais cinq bagues à Magic Johnson contre trois à Larry Bird. Le bilan penche, donc, et la rivalité tient quand même. Elle repose sur autre chose : deux carrières exactement contemporaines, dans deux villes que tout oppose, et douze saisons pendant lesquelles chacun a servi de mesure à l’autre.
Boston occupe cette place depuis longtemps : la franchise appartient à la première génération de la ligue, celle de 1946, comme le rappellent les origines du basket et son développement.
C’est quoi un derby au basket ?
Un derby oppose deux clubs de la même ville ou de la même région, qui se disputent le même public. En basket, les deux plus suivis sont Panathinaïkos contre Olympiakos à Athènes et Real Madrid contre Barcelone en Espagne. Ils se jouent plusieurs fois par saison, en championnat, en coupe et parfois en EuroLigue.
Athènes d’abord. Panathinaïkos et Olympiakos se sont affrontés 333 fois, toutes compétitions confondues, le club vert menant 173 victoires à 160 : la dernière rencontre recensée date du 13 juin 2026, une victoire d’Olympiakos 89-85 en championnat grec. Treize victoires d’avance après 333 rencontres, c’est peu.
Les Grecs appellent ce duel le derby des ennemis éternels. Il a été interrompu plusieurs fois pour incidents de tribunes, et trois rencontres de championnat se sont terminées sur tapis vert plutôt que sur le parquet. Autre chose, moins connue : les deux clubs ne se sont jamais rencontrés en finale d’EuroLigue. Deux demi-finales de Final Four seulement, à Tel-Aviv en 1994 et à Saragosse en 1995, remportées les deux fois par Olympiakos. Puis, en mai 2025 à Abu Dhabi, un match pour la troisième place, gagné 97-93 par les rouges.
Chacun a sa vitrine européenne : sept titres continentaux pour le Panathinaïkos, quatre pour l’Olympiakos, dont le dernier gagné le 24 mai 2026 à Athènes contre le Real Madrid, 92-85. Onze couronnes à eux deux, et pas un seul dernier jour partagé.
Real Madrid contre Barcelone : 350 matchs, une victoire d’écart
Voilà le duel qu’on ne raconte jamais en France, et c’est dommage, parce qu’aucun des précédents n’arrive à ce niveau d’équilibre. Au 22 mars 2026, les deux clubs se sont rencontrés 350 fois toutes compétitions confondues. Barcelone mène 174 victoires à 173, avec 3 matchs nuls hérités des règlements anciens. Une victoire d’écart. Après 350 matchs.
Les palmarès, eux, dépendent de la période qu’on regarde. C’est la source d’à peu près toutes les erreurs qu’on lit sur ce duel.
| Real Madrid | Barcelone | |
|---|---|---|
| Titres de champion d’Espagne, ère ACB depuis 1983 | 16 | 17 |
| Titres de champion d’Espagne, toutes ères | 38 | 20 |
| Titres européens majeurs | 11 | 2 |
La double lecture du championnat espagnol vient d’une rupture de format en 1983. Avant, la Liga Nacional, largement dominée par Madrid, avec 22 titres contre 3. Après, la Liga ACB, où Barcelone a repris l’avantage d’une unité. Citer « 17 titres à 16 » ou « 38 à 20 » revient donc à raconter deux histoires différentes, et les deux sont exactes. La saison 2025-2026 a d’ailleurs échappé aux deux : c’est Valencia Basket qui l’a emportée.
En Europe, l’écart est net. Le Real Madrid détient le record absolu avec onze couronnes continentales, Barcelone en compte deux. Le format y est pour quelque chose : une finale européenne se joue en un match sec, un titre NBA en sept, et un match sec récompense moins la régularité. Le sujet est détaillé dans les différences entre NBA, EuroLigue et FIBA.
Les rivalités de sélections, de Munich 1972 à Paris 2024
Entre équipes nationales, une rivalité se construit sur une poignée de matchs, parfois un seul. Le 9 septembre 1972 à Munich, l’URSS bat les États-Unis 51-50 en finale olympique, sur un panier d’Aleksandr Belov après trois secondes rejouées trois fois. Première défaite olympique de l’histoire du basket américain. L’équipe a voté à l’unanimité le refus de la médaille d’argent et n’est pas montée sur le podium. Les médailles dorment encore dans un coffre, à Lausanne.
Depuis une dizaine d’années, c’est la France qui tient ce rôle de trouble-fête. Son bilan récent contre les Américains tient en quatre lignes.
| Date | Compétition | Résultat |
|---|---|---|
| 11 septembre 2019 | Coupe du monde, quart de finale | France 89-79 |
| 25 juillet 2021 | JO de Tokyo, phase de groupes | France 83-76 |
| 7 août 2021 | JO de Tokyo, finale | États-Unis 87-82 |
| 10 août 2024 | JO de Paris, finale | États-Unis 98-87 |
Deux victoires françaises, deux finales perdues. Le quart de finale de 2019 a mis fin à une série de 58 succès américains en compétition officielle avec des joueurs NBA. Cinq ans plus tard, à Bercy, Victor Wembanyama marquait 25 points dans une finale perdue de onze longueurs. La France gagne donc les matchs de tournoi, pas encore les derniers. Une partie de l’explication tient au règlement, puisqu’un tournoi FIBA se joue en 40 minutes et non 48, avec une ligne à trois points plus proche : le détail est dans les différences entre les règles NBA et FIBA.
D’autres duels de sélections se construisent en ce moment. L’Allemagne a remporté l’Euro 2025 devant la Turquie, 88-83, son premier titre continental depuis 1993.
Ce qui fait qu’une opposition devient une rivalité
Trois conditions, et il en faut au moins deux. Un enjeu partagé : les deux équipes visent le même trophée au même moment, sinon l’antipathie reste un fait divers. La répétition, parce qu’une rivalité se mesure en dizaines de rencontres, pas en une nuit mémorable. L’équilibre, qui est la plus fragile des trois. Un duel à sens unique s’éteint.
Chicago contre Detroit montre bien la limite. Les Pistons ont éliminé les Bulls trois années de suite, en 1988, 1989 et 1990. En 1991, Chicago balaie Detroit 4-0 et les joueurs des Pistons quittent le parquet avant la fin du match, le 27 mai, sans serrer une main. Intense, brève, et morte le jour où l’équilibre a cédé. Personne ne parle de Bulls-Pistons comme d’une rivalité au présent.
Le classement change donc selon ce qu’on mesure. Sur la notoriété, Celtics-Lakers gagne sans discussion. Sur l’équilibre, Real Madrid contre Barcelone devance tous les autres avec une victoire d’écart en 350 matchs, et Athènes suit de près. Sur l’intensité en tribunes, aucune des deux ne tient la comparaison avec un derby athénien.
Notre choix, assumé : la plus grande rivalité du basket est espagnole. Elle dure depuis les années 1950, elle se joue quatre à six fois par saison, elle traverse trois compétitions, et après trois quarts de siècle personne n’a pris l’avantage. Les Celtics et les Lakers ont la meilleure histoire. Les Madrilènes et les Catalans ont le meilleur match.
On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.