Qu’est-ce qu’un lay-up au basket ?
Le lay-up est un tir pris en course près du panier, à une main, le plus souvent contre la planche. Le joueur termine son dribble, pose deux appuis, saute sur le pied opposé à sa main de tir et dépose le ballon au-dessus du cercle. C’est le tir le plus proche de l’anneau.
« To lay up » veut dire déposer. Le verbe décrit bien ce que fait la main : elle ne lance pas le ballon, elle le pose. Voilà pour la partie simple du geste.
Le reste l’est moins. Un lay-up se rate rarement à cause de la main. Il se rate parce que les pieds sont arrivés trop tôt, trop tard, ou parce qu’il y en a eu un de trop. C’est le geste du basket que le règlement encadre le plus précisément, et c’est aussi celui que les pages françaises décrivent le plus volontiers sans jamais ouvrir le texte : parmi celles qui se classent aujourd’hui sur cette requête, je n’en ai trouvé aucune qui cite un numéro d’article.
On le présente souvent comme le tir le plus facile du basket. Il est le plus proche de l’anneau, ce qui est une autre affaire. On le prend à pleine vitesse, en biais, avec un défenseur dans le dos et une planche à viser du coin de l’œil. La suite de cette page traite surtout des pieds, parce que le geste s’y gagne ou s’y perd, et parce que c’est la seule partie sur laquelle un texte officiel ait quelque chose à dire.
Comment dit-on lay-up en français ?
On dit double pas, ou tir en course. Le Règlement officiel de basketball 2024, version française FFBB, n’emploie aucun des trois. Ni lay-up, ni double pas, ni tir en course : sur ses 111 pages, il parle de « pénétration en dribble vers le panier » et de « tirs en mouvement ».
Les sources françaises ne s’accordent d’ailleurs pas entre elles. Wikipédia redirige lay-up vers double-pas et traite les deux mots comme des synonymes. Un site de coaching soutient l’inverse, en distinguant le layup, geste de la main, du double-pas, qui serait la course qui le précède. Le lexique du Paris Basketball, lui, présente le lay-up comme la suite du double-pas, deux gestes distincts qui s’enchaînent. Trois positions, aucun arbitre.
Le règlement ne tranche pas non plus, et la raison vaut d’être connue : il ne nomme pas les figures, il décrit des actions. L’article 15.1 en donne la version longue. « Un mouvement continu sur les pénétrations en dribble vers le panier ou sur les autres tirs en mouvement est une action d’un joueur qui attrape le ballon pendant qu’il se déplace ou à la fin d’un dribble, et qui continue ensuite son mouvement de tir, généralement vers le haut. » C’est un lay-up, décrit sans être nommé.
L’édition 2026 garde la même logique et ajoute l’anglais entre parenthèses, « pénétrations vers le panier (drives) » et « autres tirs en mouvement (moving shots) ». Cherchez eurostep, finger roll ou reverse dans le texte : rien non plus. Ces mots appartiennent aux entraîneurs et aux commentateurs, pas aux arbitres. Sur un terrain, dites ce que vous voulez, tout le monde comprendra. Dans une feuille de match ou une réclamation, seuls les termes du règlement ont cours.
Comment faire un lay-up, étape par étape
- Attaquez le cercle en biais, en dribblant de la main droite, le ballon du côté extérieur et le corps entre le ballon et le défenseur.
- Prenez le ballon à deux mains. C’est à cet instant, et pas avant, que le règlement commence à compter vos pas.
- Posez le pied droit. Premier appui.
- Posez le pied gauche. Deuxième appui, et jambe d’impulsion.
- Sautez sur le pied gauche en montant le genou droit, ballon amené à hauteur de tête, paume sous le ballon.
- Déposez le ballon d’une main, vers le coin du carré de la planche le plus proche de vous.
- Retombez en équilibre sur les deux pieds, dans la raquette, prêt à reprendre votre propre rebond.
Du côté gauche, tout s’inverse : main gauche, appuis gauche puis droit, impulsion sur le pied droit. Les joueurs qui bloquent sur leur côté faible croient d’ordinaire que le problème vient de la main. Il vient presque toujours de la jambe d’impulsion, qui n’a jamais appris à décoller seule. Deux appuis et un saut genou haut, sans ballon, règlent une bonne partie de l’affaire avant qu’on y ajoute quoi que ce soit.
L’approche compte autant que la finition. Ballon du côté extérieur, main libre en protection, corps intercalé : ce sont les bases du dribble appliquées à pleine vitesse, et elles se dégradent toujours en premier quand la fatigue arrive.
L’erreur la plus fréquente chez le débutant se produit avant le saut. Il prend son ballon trop tard, arrive sous le panier au lieu d’arriver à côté, et se retrouve à tirer à la verticale sans aucun angle sur la planche. Le repère tient en une phrase : prenez le ballon avant d’entrer dans la raquette, pas dedans.
Ce que je n’écris pas, faute de source. Les angles d’approche à quarante-cinq degrés, les trois séries de dix répétitions par côté, les pourcentages qui feraient du lay-up le tir le plus rentable après le dunk : ces valeurs circulent de page en page sans que personne indique d’où elles sortent. Aucune ne figure dans un document fédéral. L’ancienne version de cette page en alignait plusieurs, adossées à un joueur inventé de toutes pièces.
Combien de pas a-t-on droit sur un lay-up ?
Deux. L’article 25.2 du Règlement officiel de basketball 2024 pose la règle : quand un joueur attrape le ballon alors qu’il se déplace ou termine un dribble, « il peut faire 2 pas pour s’arrêter, passer le ballon ou tirer ». Un appui déjà posé au sol au moment de la prise de contrôle n’entre pas dans ce décompte.
Toute la difficulté tient dans un mot. « Le premier pas est fait quand un ou deux pieds touche(nt) le terrain de jeu après que le joueur a pris le contrôle du ballon. » Après. Le pied qui touchait déjà le parquet quand le ballon est venu reposer dans vos mains n’a rien consommé du tout : c’est le pas zéro, et il autorise un troisième contact au sol. Trois appuis, deux pas comptés.
La plupart des pages françaises s’arrêtent à « deux pas sans dribbler » et ne disent jamais à partir de quand on compte. Le lecteur en déduit logiquement que le premier pied posé est le premier pas. C’est exact quand il reçoit à l’arrêt ou en l’air, faux dès qu’un pied touchait déjà le sol, et la différence se voit sur chaque contre-attaque. Le pas zéro et l’établissement du pied de pivot méritent le détour, puisque la même règle gouverne les arrêts et les pivots.
Avant la prise de contrôle, aucune limite. L’article 24.1 est catégorique : « Il n’y a pas de limite quant au nombre de pas qu’un joueur peut faire quand le ballon n’est pas en contact avec sa main. » Traversez le terrain à raison d’un appui par rebond de dribble si le cœur vous en dit, personne n’aura rien à redire.
Reste le piège qui se siffle vraiment, et il n’a rien à voir avec le nombre de pas. Les Interprétations officielles de la FIBA, version française FFBB d’octobre 2024, le décrivent au cas 25-5 : un joueur termine son dribble à deux mains, saute sur son pied droit, retombe sur ce même pied droit, pose le gauche et tente un tir. Marcher. Deux contacts consécutifs du même pied, ce que le texte nomme cloche-pied. Le geste ressemble trait pour trait à un lay-up ordinaire. Pour la violation elle-même et ses autres formes, voyez ce que le règlement appelle un marcher.
L’eurostep, enfin, obéit à la même arithmétique que le lay-up classique. Deux pas, mais dirigés latéralement : rien dans l’article 25 n’oblige à les faire vers l’avant.
Finger roll, reverse, power lay-up : quelle finition choisir ?
Quatre finitions couvrent presque tout ce qu’on voit en match. Le lay-up classique dépose le ballon contre la planche, main haute. Le finger roll le fait rouler sur les doigts par-dessus l’anneau. Le reverse passe sous le cercle pour ressortir de l’autre côté. Le power lay-up s’arrête sur deux pieds et encaisse le contact.
| Finition | Quand elle sert | Ce qu’elle demande |
|---|---|---|
| Lay-up classique | Cercle dégagé, approche en biais | Un angle sur la planche et deux appuis propres |
| Finger roll | Défenseur proche, mais pas de contact | Assez de détente ou de longueur de bras pour passer au-dessus |
| Reverse | Défenseur qui coupe la trajectoire côté planche | Passer sous l’anneau et finir de la main opposée |
| Power lay-up | Contact assumé, intérieur adverse plus grand | Un arrêt sur deux pieds et un centre de gravité bas |
Le power lay-up mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est la variante dont le règlement parle sans le dire. Son arrêt à deux pieds est explicitement prévu par l’article 25.2 : « Si un joueur saute avec un pied sur son premier pas, il peut atterrir au sol sur deux pieds pour son second pas. » La phrase suivante est celle qu’on oublie. « Dans cette situation, le joueur ne peut pivoter sur aucun pied. » Une fois posé sur vos deux pieds, donc, vous tirez ou vous passez. Si la défense vous surprend et que vous cherchez à pivoter pour ressortir, c’est un marcher.
Le vocabulaire flotte ici aussi. Le reverse s’appelle lay-back chez plusieurs auteurs français, lay-up inversé chez d’autres. Aucun de ces mots n’a d’existence réglementaire, donc aucun n’est plus juste que son voisin.
Un conseil de hiérarchie pour finir. Tant que le lay-up classique n’est pas automatique des deux côtés à vitesse de match, les variantes ne servent à rien : elles répondent à des problèmes que vous n’avez pas encore.
Faute sur un lay-up : le panier compte-t-il ?
Oui, si la faute arrive après le début de l’action de tir. Sur une pénétration vers le panier, celle-ci commence quand le ballon vient reposer dans les mains à la fin du dribble et que le mouvement de tir démarre, selon l’article 15.1. Panier accordé, plus un lancer franc. Avant cet instant, le panier ne compte pas.
Deux cas officiels encadrent la frontière. Au cas 15-4 des Interprétations, un joueur pénètre, termine son dribble ballon en main, commence son mouvement de tir et subit une faute : il est en action de tir. Au cas 15-2, il pénètre puis s’arrête sur ses deux pieds sans avoir commencé à monter le ballon, et prend la faute à cet instant précis : il n’y est pas. Le power lay-up perd donc son lancer franc quand le contact tombe pendant l’arrêt, avant que le ballon ne soit parti vers le haut. Quelques dixièmes séparent les deux sanctions.
Le nombre de pas n’entre pas dans l’équation. L’article 15.1 le pose noir sur blanc : « Il n’y a aucun rapport entre le nombre de pas légaux effectués et l’action de tir. » Deux comptes distincts, deux moments de départ différents. Beaucoup de joueurs croient au contraire que l’action de tir s’ouvre avec le premier appui.
Un dernier cas, désagréable. Vous subissez la faute, puis vous commettez un marcher avant de marquer : le panier saute quand même. Le cas 15-11 le tranche, et deux lancers francs le remplacent. La faute, elle, reste inscrite au compteur du défenseur comme n’importe quelle faute personnelle.
Point de calendrier, au moment où j’écris. L’édition 2026 des règles s’applique au 1er octobre 2026 et modifie les articles 1, 2, 4, 15, 24, 36, 37 et 38. L’article 25 n’y figure pas : le décompte des pas ne bouge pas d’un pouce. L’article 15, lui, est réécrit, et la FIBA donne son motif sans détour, « les joueurs manipulent de plus en plus les situations afin de provoquer des fautes sur tir ». Le nouveau texte sépare les pénétrations vers le panier des tirs en suspension, puis ajoute un critère de place : le mouvement continu sur une pénétration y est décrit comme « débutant typiquement entre la ligne à 3 points offensive et le panier ». Le joueur doit aussi se trouver dans sa zone avant, sauf en fin de quart-temps ou à l’expiration des 24 secondes.
Une précaution d’usage sur ces citations. La brochure française des modifications le dit elle-même : « En cas de divergence, le texte final en anglais du Règlement Officiel de Basketball de la FIBA (OBR) fait foi. » Les numéros de sous-articles bougent d’une version linguistique à l’autre, ce qui explique pourquoi je m’en tiens ici aux niveaux 24.1, 25.2 et 15.1.
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